Parcours de l'Art . Avignon. 2002

C'est en imaginant le futur que s'est engagé mon rapport au passé. De façon insidieuse s'est glissée en moi une impression furtive d'une modernité passée, comme si tout ce qui nous entourait était à  la fois d'une modernité d'avant garde et d'un passé flamboyant.
J'ai choisi l'Italie car c'etait  pour moi l'idée que je me faisais de cette flamboyance, de notre fascination à imaginer à comprendre ce qui n'est pas de notre temps, mais avec qu'elle facilité en même temps pouvons nous la faire notre, en y ajoutant, notre vision d'une "contemporaneité" imaginaire.
J'essaie de me faire à l'idée que tout est superposable dans le temps, à l'infini comme si ce temps, celui dans lequel nous sommes vivants, n'etait qu' UN et pouvait, à travers son " immédiateté" nous faire vivre au présent " l'autrefois" et le "demain".

 







Galerie Sintitulo / 2014
 
Depuis longtemps je cherche de quoi est « fait » mon travail , et récemment est apparu discrètement  dans un coin de mon esprit , un minuscule bout de fil, qui ne demandait qu’a être tiré, et qui petit à petit devrait peut être constituer une pelote , la pelote de mon vécu créatif.!
Lentement j’ai tiré le fil et m’est apparu la vision très nette, qu’au fur et à mesure de mes recherches plastiques, j’essayais de créer un autre…. « corps « , un double du mien , qui serait lui aussi fait de chair et d’esprit. Un corps totalement indépendant de mon corps physique, mais qui en serait comme un prolongement !

Le papier - , comme une autre « peau » - est crée-travaillé , pour vieillir, se colorer, se tanner, comme pour la peau de mon corps, le temps passe et une transparence apparait, et laisse à voir non pas son « intérieur » - comme le vrai corps- , mais le vide de l’espace qui l’entoure.! 

L’outil devient la main, et la voix tout à la fois, et par le trait, il dit , il raconte, par le plein et le vide, il signifie ses silence et ses attentes, le rythme dit ses cris, la couleurs ou son absence même , dit la retenu de ses sentiments.!
Et ce corps qui n’est pas mien, raconte, mon quotidien et le fait sien et chaque minute de sa propre vie est consigné de façon plastique.! 
Il dit le moi et pourtant il n’est pas moi, comme deux enfants nourris d’un même sein, il sait parfaitement ce que je suis, mais il l’exprime avec ses propres mots, comme une conversation immatérielle
Il me surprend - et je regarde parfois, ce que je fais - comme le « faire » de quelqu’un d’autre, les mots de quelqu’un d’autre, qui me ressemble mais qui SUR-vivrait mes propres émotions.!

Comme une maternité/ autre - je ne crée pas du vivant je créer ma propre part d’éternité.






Galerie Sintitulo / 2012


Au départ je voulais écrire, c’était un rêve d’enfance.
J’ai passé du temps à gratter des pages de petits cahier précieux, longtemps ce fut mon principal moyen d’expression. Au travers le dessin, je raconte des histoires intimes de l’autre, de moi-même, sans freiner ma spontanéité par ce qui ne devenait plus pour moi, au temps de l’écriture, qu’un vaste exercice de style. Une sérénité retrouvée!
Le sens des mots, des phrases entières mais aussi parfois coupées dans l’espace pictural viennent de cette envie de conter. L’écriture, illisible, c’était aussi voulu. Même si elle raconte, elle n’est pas là pour être lu par d’autres, elle est là pour dire et être vue, sans être assimilable. Elle ne raconte pas elle est «plastique». Elle n’illustre pas elle est «formelle». C’est ce qui reste de l’acte d’écrire. Ne reculant devant rien pour que l’acte de raconter soit encore apparent de façon mentalisée. Il est là, il existe, il nourrit la créativité. L’élément pictural devient secondaire sans que son importance s’amoindrisse, mais il n’est plus qu’un prétexte, apparence, rarement a-t-il la signification qu’on lui attribue, en se faisant propre à celui qui regarde. Il ne dit rien, il est happé par le vécu de chacun. La plupart du temps je travaille sur papier normal ou Velin. C'est le médium privilégié parce qu’il me permet d'utiliser plus facilement tous ces effets de tache, de transparence, d'épaisseur, de vieillissement accéléré de la surface papier, tirer parti du jaunissement de l'huile de lin. Le travail sur papier évolue constamment avec le vieillissement du support et c'est cela qui m'intéresse.





Texte Nuit des Musées /2014


La thématique du projet est construite sur “la Pensée Archéologique”.! !

Lʼ Archéologie au sens pratique, avec sa référence aux niveaux terriens, mais aussi Archéologie de la pensée, avec ses niveaux dʼélévation spirituelle.! !

1ere partie de lʼintervention : dans le choeur! !
Cette première Intervention se situe dans le choeur de lʼéglise, qui se trouve ici transformé en “aquarium géant”, et ce d’une part grâce à une projection vidéo, et d’autre part avec la mise en place dʼune ambiance sonore adaptée.! ! Ainsi le visiteur se trouve “ sous lʼeau ”, il est au “premier niveau” de notre construction archéologique, il est au niveau “originel “.! !
Il y a une double lecture, car, l’eau est à la fois l’élément de l’origine de toute vie sur cette terre.
Mais aussi l’élément matriciel duquel nous sommes issus, en tant qu’être humain, notre vie débutant, de façon gestationnelle, dans le liquide amniotique.! !

2eme partie de lʼintervention : dans la tour! !
Chaque étage de celle-ci, est considéré comme un niveau à atteindre, Cette montée fait donc référence aux concepts énoncés ci-dessous :! !

- lʼélévation spirituelle (église - lieu de prière)!
- l'air - symbole de la pensée!
- la naissance - accession à lʼair libre! !

Le visiteur monte dans la tour pour gravir, donc, ces différentes étapes qui le séparent d’un niveau de conscience supérieure! !
Les différentes couleurs installées à chacun des étages/étapes symbolisent la notion de parcours dans la verticalité de l’espace de la tour.! !

Pour ce faire, vous retrouverez l’immatérialité lumineuse, par étage/étape matérialisée par la lumière/couleur :! !

- Niveau du sol – la lumière Bleue – dans le continuum de lʼéglise, milieu aquatique.!
- 1er étage/étape – la lumière Verte symbolise le règne végétal!
- 2 eme étage/étape – la lumière Jaune symbolise lʼair!
- 3eme étage/étape – la lumière Orange symbolise lʼair/ soleil!
- 4eme étage/étape – la lumière Rouge symbolise lʼair/fin de la lumière!
- dernier étage/sortie à lʼair libre / LE Noir / la nuit! !

En conclusion, la construction de lʼintervention repose sur deux symboliques, la Croyance, et lʼHistoire. Car cʼest aussi la fonction du site – ancien lieu de culte attenant au musée archéologique cohabitant côte à côte.! ! Les différents étages/étapes font référence à lʼélévation, mais aussi aux différents niveaux archéologiques réels sur lesquels repose lʼéglise actuelle, comme un périple à lʼenvers en partant de la Crypte pour remonter vers l’ église médiévale sous le niveau du choeur/coeur ».! !!

Intervention de la plasticienne Michele MASCHERPA pour la Nuit Européenne des Musées le
samedi 17 mai 2014 au musée archéologique de Saint-Raphaël de 20 à 23 h









Les Maitres / Pole culturel Chabran / 2016


 
Pour cette exposition sur "les Maîtres" , Michele Mascherpa convoque la notion d'emprunt, déjà au coeur de ses préoccupations plastiques.
Ce travail s'articule autour de deux pratiques différentes.
Soit, elle emprunte à l'histoire des arts des personnages utilisés comme des motifs qu'elle isole de leur contexte en les découpant, les prélevant,
dans des supports de diffusion variés ( magasines, livres, journaux...) et elle les colle sur ses feuilles préparées.
Soit elle intervient directement sur des reproductions intégrales d'oeuvres.
Dans les deux cas, en s'appropriant totalement ces "références" elle évacue toute influence en ce qui concerne le sens premier des oeuvres.
En ce qui concerne l'emprunt, le collage du motif sur des feuilles préparées à l'huile est effectué avec du scotch, matériau qui permet à la zone 
recouverte d'être préservée du passage du temps alors que la feuille, elle, vieillit, altérée par la préparation. Ce vieillissement « à l’oeuvre » dans le
temps est une interrogation sur la pérennité des oeuvres.
L'intervention sur les reproductions d'oeuvres est, elle, effectuée à la craie grasse. Ce procédé agit à l'inverse du découpage, ici les éléments sont 
isolés car leur contexte est recouvert, nié, ce qui contribue à la re-création de l'espace dans l'oeuvre.
Dans les deux cas elle crée un nouveau contexte à ces « prélèvements », ces emprunts, très référencés, interrogeant l'histoire des arts dans un
esprit , parfois irrévérencieux.
Un troisième travail est, quand à lui, un clin d'oeil humoristique, sous forme de jeu ( questions posées, avec réponses cochées ) aux artistes. Une
sorte d'échange par le biais d'éléments iconiques, empruntés au vocabulaire de chaque artiste mis en jeu.
L'élément commun à tout ces travaux est l'écriture, qui parfois est lisible, compréhensible et parfois est à lire comme un élément graphique à part
entière.


Deffrenne Mh






Le jeu de l’enfance ( collection de jouets du musée des ATP) 
Résidence d’artiste au sein de la Chapelle du Bon Pasteur, Draguignan, 
du 16 au 26 août 2016. 



“L’art est devenu contemporain en nous parlant de notre vie de tous les jours” 
  Catherine Millet, in L’art contemporain en France, 1987


Le choix de ce lieu de travail repose sur la perception que j’en ai eu lors d’une visite avec les responsables de l’artothèque . 
La Chapelle du Bon Pasteur , de part le fait quelle est accolée au Musée des ATP et de plus fermée au publique,  me semblait adaptée à la volonté qui était la mienne à ce moment là de me confronter aux objets choisis (les jouets du musée des ATP) dans un cadre qui permettait un isolement propice à la réflexion.
Les  jouets  sortis des réserves du Musée, possède une forte charge émotionnelle, historique et culturelle. Il s’inscrit dans l’histoire individuelle de chacun d’entre nous mais aussi dans l’histoire patrimoniale. 
Je me suis donc évertuée à sortir chaque jouet de son contexte, le traitant non plus comme seulement un jouet  mais plutôt  comme un objet dissocié de son histoire propre et de sa seule fonction, me permettant alors une ré-appropriation fertile, attachée ou non à l’enfance, dépassant son histoire propre pour faire de celui-ci le support d’une réflexion plus ouverte, plus personnelle et contemporaine.
Le constat d’état de chacun des jouets/ objets  appréhende la notion de conservation d’une collection, ici il permet d’établir avec précision l’état du jouet  qui entre dans la collection du musée des ATP. 
Cet objet  usé par le temps et les diverses manipulations, à subit un   processus de vieillissement qui m’a vivement intéressée car il est au coeur même de ma démarche de plasticienne depuis des années. Le papier, mon support de travail exclusif est préparé de telle manière que le temps y inscrit sa marque, il vieillit, à l’instar de ce qui s’est passé pour ces jouets. 
D’ou l’intérêt évident et ma volonté de réfléchir  aussi , par ce travail,  au  lien subtil du changement , de la modification constante du sujet/objet/dessin/support dans le temps.
 « jeu » de l’enfance est devenu au cours de cette expérience de  résidence le « je » de l’enfance , ou comment le temps nous entraine dans le « faire-soi » à travers la re-appropriation des sujets de création. Je suis devenu le jouet et le jouet est devenu une prolongation de ma réflexion plastique , faisant oublier  finalement ce pourquoi il était la , ce qu’il était ,  ce qu’il avait été avant l’acte créatif, pour ne faire plus qu’un avec le dessin/ image.




Michèle MASCHERPA